Pourquoi consulter un diététicien ? Quand dois-je consulter un diététicien ?

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Voici deux questions souvent posées. Si la réponse à la première est plus facile à concevoir, la seconde nécessite un peu de réflexion sur soi.

Pourquoi consulter un diététicien ?

D’une façon générale, on peut consulter un diététicien pour toute problématique en lien avec l’alimentation :

  • Si un changement intervient dans votre vie et que vous devez modifier votre alimentation en conséquence : grossesse, allaitement, ménopause, médicaments modifiant l’appétit, etc. ;
  • Si vous êtes sportif et que vous souhaitez une alimentation spécifique ;
  • Sur conseil ou prescription d’un régime spécifique de votre médecin en cas de maladie (diabète, dyslipidémies, insuffisance rénales, cancers, etc.)
  • Si vous en ressentez le besoin par rapport à une problématique qui vous soucie : prise de poids, mauvaise image de soi, trouble du comportement alimentaire, pensées invasives ou très présentes concernant les repas, etc.

Quand dois-je consulter un diététicien ?

Cette question peut sembler aller de soi, mais elle n’est pas si évidente que ça pour toutes les problématiques.

Si vous êtes face à une problématique concrète et identifiée par la médecine, vous serez inviter à consulter un diététicien dans votre parcours de soin. Par exemple : vous êtes diagnostiqué diabétique : il faut que vous compreniez bien votre pathologie et son impact sur l’alimentation pour pouvoir gérer votre glycémie, vos traitements et la nourriture en autonomie.

Dans d’autres cas, l’initiative vient de vous et l’objectif global vous apparait comme étant clair : vous avez identifié une prise de poids qui vous gêne, ou vous souhaitez suivre un entrainement sportif particulier qui nécessite un ajustement des apports alimentaires, vous avez un projet d’arrêt du tabac et craignez de prendre du poids, etc.

Cependant, il n’est pas nécessaire d’avoir un élément factuel pour consulter : une prise de poids n’est pas forcément un problème si pour vous cela n’en est pas un. Et à contrario : vous pouvez être mince mais avoir une indication à consulter un diététicien car vous vous sentez en difficulté avec la nourriture.

Bien souvent la problématique n’est pas médicale à proprement parler, mais traduit un sentiment de malaise avec la nourriture : « j’ai l’impression que je mange trop », »je ne sais pas m’arrêter de manger », « je prends continuellement du poids et je n’aime pas cela », « je me sens sale après avoir mangé », «je ne peux pas m’empêcher de manger du chocolat et des gâteaux alors que je sais que ces aliments font grossir », « je me prive de nourriture car j’ai peur de grossir », « j’évite de passer par cette rue car il y a une boulangerie trop appétissante et j’ai peur de craquer », « j’aurais bien mangé un croissant et du chocolat pour le gouter mais j’ai pris une pomme et un yaourt, c’est plus raisonnable. », etc.

Si vous avez ce genre de pensées, c’est que vous avez déjà un rapport à la nourriture perturbé.

Pour un mangeur régulé (c’est-à-dire qui mange lorsqu’il a faim et s’arrête lorsque des signaux de satiété sont envoyés par le cerveau, avec un bon équilibre entre l’énergie absorbée et celle dépensée), l’alimentation va entrer dans son esprit aux premiers signaux de faim et s’effacer très rapidement après avoir consommé la nourriture et s’être senti rassasié. Le mangeur régulé peut aussi penser à la nourriture lorsqu’il doit prévoir un repas, faire ses courses, devant une vidéo alléchante de cuisine, ou à la perspective d’un bon moment comme un restaurant, un repas de famille, ou autre. Mais cela reste factuel et occupe peu de temps dans une journée.

Le reste du temps : il n’y pense pas.

Si vous êtes dans une situation où les pensées autour de la prise alimentaire sont plus importantes voire envahissantes :

  • Si vous ressentez de l’appréhension avant ou pendant les repas ;
  • Si vous vous empêchez avec force de manger certains aliments parce que trop gras et/ou trop sucrés par peur de grossir ;
  • Si votre apparence physique vous préoccupe beaucoup et que cela impacte votre alimentation ;
  • Si vous n’éprouvez plus de plaisir à manger ;
  • Si vous avez des « craquages » alimentaires, ingestion de grandes quantités de nourriture ;
  • Si vous mangez automatiquement en réponse aux émotions qui vous traversent ;
  • Si vous avez des comportements compensatoires réguliers après avoir mangé : sport pour éliminer, vomissements, prises de laxatifs ou diurétiques, etc. ;
  •  si vous avez des pensées négatives envers votre alimentation ou plus grave, envers vous : « je suis nulle », « je suis sale », etc. ;
  • Si vous faites des régimes à répétition, …

La liste n’est pas exhaustive mais si vous vous reconnaissez dans une ou plusieurs de ces situations : consultez un diététicien. Pourquoi ? Parce que votre rapport à la nourriture est faussé, déréglé et que cela n’ira pas en s’améliorant si vous ne vous faites pas aider : vous passez plus de temps à penser votre nourriture qu’à la manger, et progressivement ces pensées deviendront invasives pouvant mener jusqu’au trouble du comportement alimentaire.

Attention cependant à ne pas entrer dans un autre cycle de régime, cela ne fera que renforcer la restriction alimentaire, les pensées négatives et le contrôle ou les pertes de contrôles alimentaires !

Le travail doit être fait sur les liens entre vos sensations alimentaires (faim/rassasiement), les pensées intrusives qui se glissent avant/pendant/après la prise alimentaire et la prise alimentaire en elle-même. Également, il faudra peut-être travailler sur le rapport au corps, la gestion des émotions et tout autre élément qui entre dans votre fonctionnement alimentaire (qui vous est propre !) C’est un travail qui peut être long mais nécessaire pour retrouver un rapport satisfaisant à la nourriture, à son corps et à soi-même. Il n’y a malheureusement aucune chance que cela se résolve de soi-même.

Puis-je consulter n’importe quel diététicien ?

Si possible préférez consulter un diététicien spécialisé dans votre problématique (diabète, sport, comportement alimentaire, etc). Même si la formation initiale de diététicien est généraliste et couvre une grande partie des problématiques, cela reste très en surface. C’est pourquoi une majeure partie d’entre-nous se spécialise dans des domaines précis.

(Pour ma part, je tends vers une hyperspécialisation des comportements alimentaires, dans tous l’éventail que cela comprend : des premières cognitions de contrôle alimentaire aux troubles du comportement alimentaire sévères.)

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