Comment est définie l’obésité ?

D’un point de vue médical, l’obésité est définie par un IMC (rapport poids/taille^2) supérieur à 30 kg/cm2. Il existe trois grades de sévérité de l’obésité (en fonction de l’IMC).

Le grade de sévérité en plus d’autres critères (tour de taille, co-morbidité telles que le diabète, l’hypertension, le syndrome métabolique, les facteurs sociaux, psychologique et environnementaux, etc.) vont être utilisés pour établir la complexité ou non de l’obésité et ses risques sur la santé. Cela va orienter la prise en soin du patient (souvent pluriprofessionnelle : médecin, diététicien(ne), psychologue, infirmier(e), etc.).

Pourquoi voir un diététicien dans le cas d’une obésité ?

Le diététicien est là pour faire un point général sur l’alimentation : on interroge la personne sur tous les aspects en lien avec la prise alimentaire : le type d’aliments, la quantité, la vitesse d’ingestion, l’environnement de prise de repas, etc.

Le but général est d’aider le patient à trouver une alimentation en adéquation avec ses besoins métaboliques et énergétiques, dans un but de prévenir des complications possibles de l’obésité chronique (ou de ne pas aggraver celles présentes).

Le bilan est personnalisé : chaque individu est unique, et son alimentation aussi !

Comment s’inscrit ma pratique dans la prise en soin de l’obésité ?

L’obésité n’est absolument pas le seul fait de trop manger. Elle est d’étiologies multiple et complexe, et très différente d’un individu à l’autre. Je vais donc m’intéresser à ce que vous mangez, mais également (si ce n’est plus) à : l’histoire de votre poids, votre environnement, votre état émotionnel, la perception que vous avez de votre corps et tout ce qui fait que chaque personne s’inscrit dans une histoire unique, dans un corps unique.

A partir de tout cela, on se mettra d’accord ensemble sur les objectifs et les aménagements à mettre en place au fur au et à mesure du suivi : il n’y aura pas de perte de poids majeure et rapide, mais un retour progressif vers une alimentation adaptée et sereine.

Il ne sera pas non plus question de régime. Pourquoi ? Parce qu’on sait que les régimes ne fonctionnent pas sur du long terme et peuvent conduire à des pratiques à risques chez les usagers (avis ANSES 2011). En effet, il est impossible de se maintenir dans alimentation trop faible en calories (régimes hypocaloriques) sans créer de la frustration et des abandons du régime qui conduisent à une reprise de poids souvent plus importante que le poids avant régime. Dans la bataille, il s’est souvent installé chez la personne qui fait un régime (ou plusieurs) de la restriction cognitive et des pulsions alimentaires (« craquage ») provoquées par un corps qui a simplement faim : cela dérègle le comportement alimentaire intuitif (guidé par les sensations).

Ici, le but est de retrouver les sensations alimentaires (faim, satiété), de les identifier, de les écouter afin d’avoir des prises alimentaires guidées par le corps et non par des pensées/cognitions (« je ne dois pas manger ça car c’est une aliment qui fait grossir », « j’ai envie de chocolat mais ce n’est pas raisonnable je vais donc prendre du yaourt », etc.).

Concernant les cognitions, nous les identifierons ensemble et je vous aiderai à déconstruire celles qui sont erronées (« cet aliment fait grossir », « je ne dois pas manger ci », « je ne dois pas faire ça », etc.). Nous échangerons aussi sur votre perception du corps, les émotions qui peuvent vous faire manger. Nous essaierons de voir les situations qui pourraient se répéter et vous inciter aux prises alimentaires non voulues. Nous travaillerons également sur les pensées négatives envers vous-mêmes si elles sont présentes.

Nous ferons ensemble un parcours de changement, de rééducation alimentaire, aussi bien dans l’assiette que de ce qui peut se jouer autour. La prise en soin s’inscrit dans le temps, avec le but de vous rendre autonome sur la nourriture, à l’écoute de vos sensations, de vos émotions et dans le respect et l’appréciation de votre corps.